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Le co-dodo, co-sleeping ou sommeil partagé, une pratique ancestrale qui résiste

Le sommeil partagé, pratique dangereuse ou salvatrice ? Alors que les statistiques restent floues sur le sujet, les études en faveur du sommeil partagé se multiplient. Découvrons les différents avis sur le sujet…

Une pratique dangereuse ?

Les médias relaient souvent une information pour le moins inquiétante. Le sommeil partagé serait dangereux pour les bébés, et à l’origine de nombreuses « morts subites du nourrisson ».
Selon une enquête de l’INVS, plus d’un tiers des bébés de moins de 6 mois décédés de mort subite dormaient dans un environnement non sécurisé : couchage sur le ventre ou le côté, couverture, matelas mou, oreillers dans le lit, co-sleeping, pièce trop chaude. Des facteurs de risque qui peuvent pourtant être facilement évités. » (PARENTS – mai 2011)
Les parents qui font dormir leurs bébés de moins de trois mois dans leur lit (co-dodo) multiplient par cinq le risque de mort subite du nourrisson (MSN), selon une vaste étude publiée mardi 21 mai. (NouvelObs – mai 2013)
Elles inondent Instagram : ces photos avec un parent, le plus souvent le papa, endormi sur un fauteuil, avec son bébé. Si au premier abord, ce type de cliché peut sembler adorable, et déclencher des cascades de likes, cette pratique est tout aussi dangereuse que le cododo classique. Le site australien Essentialbaby a décidé de mettre en garde les parents. (Doctissimo – Août 2017)
C’est finalement Shelby qui s’est chargée de nourrir l’enfant, dans le lit conjugal. Le matin suivant la mère retrouvera Delilah au fond du lit, face contre le matelas, morte. (Bébé Doctissimo – Février 2017) (Lors du procès des deux parents de Delilah ont avoué avoir consommé de l’alcool, mais d’après l’enquête « pas assez pour altérer leur discernement »)
Le Pr Bob Carpenter, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, aurait rassemblé les éléments de cinq études internationales, qui concerneraient 1.472 cas de MSN. On entend par MSN « tous les décès inattendus et inexpliqués d’enfants âgés d’un mois à un an ». Voici les conclusions tirées de différents articles à ce sujet (ne tentez pas de recouper les statistiques des différents magazines) :
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  • 22% de ces 1.472 nourrissons dormaient dans le lit de leurs parents, et 88% de ces 22% de MSN n’auraient « probablement » pas eu lieu si l’enfant avait dormi dans son berceau.
  • Les parents pratiquant le Co-dodo et respectant les règles de base du sommeil partagé augmenteraient de cinq fois la mort subite de leur bébé de moins de trois mois.
  • 50% des décès par MSN arriveraient alors que bébé dort dans le lit de ses parents.
  • Il y aurait en France environ 250 MSN par an selon l’INVS ( Institut de Veille Sanitaire ).
  • La MSN est très élevée jusqu’à six mois avec un pic entre deux et quatre mois et baisse par la suite.
  • La MSN aurait fortement baissée depuis la diffusion des campagnes sensibilisant au couchage des bébés sur le dos.
  • Le Co-dodo serait devenu « populaire ».
Que nous révèlent ces stats ? Mis à part des chiffres incohérents, ne précisant pas l’état des parents et les conditions de couche dans ces 22% de cas ( tabac, alcool, extrême fatigue, drogue, canapé, chute, couvertures inadaptées, oreillers, animaux domestiques… ), que nous apprend-on ? Que le Co-dodo est devenu une mode alors qu’il est pratiqué dans le monde entier depuis la nuit des temps. Que la MSN a diminué depuis que les parents couchent leur bébé sur le dos…
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C’est assez vague. Et ces conclusions pour le moins culpabilisantes ne sont pourtant pas fondées. Le « co-sleeping », « co-dodo » ou « sommeil partagé » n’e serait pas un facteur de risque en soit, sauf si, comme cela est listé clairement par les professionnels de santé, le parent fume, boit, consomme des substances illicites, prend des médicaments pouvant altérer son sommeil, a un fort sur-poids, est épuisé, ou encore si l’on laisse se promener une couverture, si le matelas et les oreillers sont moux…
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En 2004, parurent dans le Lancet des conclusions inquiétantes selon lesquelles 16% des MSN mettaient en cause le co-dodo, contre 36% de ces mêmes MSN qui mettraient directement en cause le fait que bébé dorme dans une pièce séparée. Troublant, les signataires de l’article se désolidarisèrent de cette conclusion à l’époque, la MSN étant statistiquement non significative lorsque les mères sont sobres, non fumeuses, et que les conditions de couche respectent les contraintes imposées. L’Unicef-UK avait même décidé de ne pas modifier sa brochure expliquant comment pratiquer le co-dodo ! (1)

Une pratique sécurisante

Tous les bébés mammifères dorment près de leur mère. C’est un mode de sommeil biologique qui semble parfaitement adapté aux mères qui allaitent leur bébé. Dans l’article Pratiques de sommeil et mort subite du nourrisson : tour d’horizon sur www.lllfrance.org, il est écrit que
Les études polysomnographiques ont permis de constater que, même dans les stades les plus profonds du sommeil, les mères qui dormaient près de leur bébé se réveillaient plus souvent que les mères dont le bébé dormait seul, et que les périodes d’éveil de la mère et du bébé étaient hautement synchronisées. Il semble que la mère qui dort près de son bébé est plus sensible à son état, et peut détecter plus rapidement un problème chez lui. Trois grandes études épidémiologiques ont montré que lorsque la personne prenant soin de l’enfant (habituellement la mère) dormait dans la même pièce (mais pas dans le même lit) que l’enfant, le risque de MSN était 50% plus bas. Cet impact du co-sommeil n’est pas constaté lorsque le bébé dort avec un autre membre de la fratrie. Il semble que cet impact protecteur soit lié à l’investissement de l’adulte auprès de l’enfant avec qui il dort.
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La plupart des enfants qui décèdent de MSN dans les pays occidentaux dormaient seuls. De plus, la majorité des décès inexpliqués ou des décès par suffocation qui surviennent chez des bébés dormant dans le lit d’un adulte surviennent dans des familles où existent d’autres facteurs de risque : pauvreté, tabagisme, non-allaitement, environnement dangereux (oreillers, matelas mou…), alcool ou drogue, sommeil du bébé près d’autres enfants ou près d’un adulte peu investi dans les soins à l’enfant. Il est important d’être conscient du fait que le co-sommeil recouvre de nombreuses pratiques, et des conditions de sécurité très variables. Or, dans notre contexte culturel, selon lequel le bébé est censé dormir seul très rapidement, les parents ne reçoivent guère les informations nécessaires pour dormir avec leur bébé dans de bonnes conditions de sécurité. Et tout décès d’un enfant dormant dans un lit d’adulte sera attribué au co-sommeil, alors que le berceau ne sera guère mis en cause pour tous les décès de bébés qui y surviennent. »

La théorie de l’attachement insiste sur l’importance de la sensibilité de la mère aux appels émis par l’enfant, et sa capacité à y répondre. Le néonatologiste sud-africain Nils Bergman affirme que l’ « habitat » naturel du bébé est le corps de sa mère, et que s’il en est séparé, l’on pourra constater une « réaction de prosternation-désespoir ». Ce cri de détresse aiderait à la survie du bébé, en diminuant sa dépense énergétique, sa croissance, son rythme cardiaque, sa température corporelle, et en remontant les hormones de stress… Or, ces hormones du stress, lorsque leur taux est élevé, inhiberaient les fonctions intestinales, la digestion et la croissance. Les chercheurs ont également mis en évidence les modifications cérébrales induites par le stress chez les nourrissons : le taux de cortisol serait plus élevé, ce qui entraînerait des changements physiques dans le cerveau. (1)

De nombreux psychiatres sont convaincus aujourd’hui que le non respect des besoins du bébé peut induire, à long terme, des troubles de la personnalité. Selon le Dr Michael Commons, de la Havard Medical School :

« Les enfants que l’on laisse dormir seuls, ou que l’on laisse pleurer pourront présenter en grandissant des syndromes post-traumatiques et des troubles de la personnalité. (…) Dans la plupart des cultures, les jeunes enfants dorment avec leurs parents. Dormir seul est très stressant pour un jeune enfant ; le fait que beaucoup pleurent en la circonstance suffit à le démontrer ». (1)

Les bienfaits du sommeil partagé

Les tétées nocturnes permettraient la pérennisation de l’allaitement. La fréquence des tétées est en effet déterminante pour la réussite de l’allaitement. Ainsi, il n’est pas rare qu’une mère allaitante dorme avec son nourrisson, pouvant ainsi plus facilement répondre aux besoins de son tout petit. Et le bébé réclamera également d’avantage, sentant sa mère, entendant son souffle. La loi de l’offre et de la demande dans toute sa splendeur. Les mères qui gardent leur bébé auprès d’elles et qui l’allaitent la nuit constatent que leur bébé dort mieux, qu’elles-mêmes dorment mieux, et que leur sécrétion lactée est plus abondante.

Une étude de 2002 mettait en avant la qualité du sommeil du nourrisson lorsqu’il dormait avec sa mère. D’autres études scientifiques ont mis en avant la prévention de la MSN. En effet, un nourrisson isolé tombe parfois dans un sommeil si profond ( phases 3 et 4 ) qu’il stoppe spontanément sa respiration, du fait que ses mécanismes d’éveil ne sont pas encore au point. Or, lorsque le bébé sent le souffle de sa mère, et entend papa ronfler, cela n’arrive pas. Son sommeil se synchronise avec le sommeil de sa mère, sa respiration également. Son sommeil reste plus léger. Le nourrisson a des phases de 3/4 d’heure de sommeil les premiers mois de sa vie, les adultes ont quant à eux des phases de 1h30, soit deux fois 3/4 d’heure. La MSN peut avoir pour cause un trouble du mécanisme d’éveil, et en cela le co-dodo préviendrait la MSN. Une autre étude néo-zélandaise de 1996 portant sur 2.000 enfants démontre que dormir dans la même chambre que le bébé jusqu’à ses six mois réduirait d’un quart le risque de MSN. Aux 5ème Assises Internationales sur la MSN à Rouen en 1998, le chercheur britannique Tony Nelson a présenté les résultats d’une étude menée à Hong-Kong. Selon cette étude, Il y aurait une réelle diminution du risque de MSN chez les bébés de moins de 6 mois dormant dans la chambre de leurs parents ( dans leur lit ou un berceau à côté ). (1)

L’anthropologue James J.McKenna a réalisé une expérience incroyable il y a quelques années, avec des mères qui dormaient trois nuits dans son laboratoire. La première nuit elles dormaient seules, la seconde avec bébé dans leurs lits, la troisième avec bébé dans une chambre séparée. Certaines de ces mères avaient pour habitude de dormir seule, d’autres avec leur bébé. Les vidéos suite à l’expérience démontrent que le sommeil partagé permet une veille de la part de la mère. Des demi-éveils lui permettant de s’occuper de son bébé tout en « dormant ». Le bébé lui aussi bouge, se réveille, prend le sein, et ceci dans le calme et la sérénité. Il y a d’avantage de sommeil léger ( phases 1 et 2 ) pour les pratiquants du co-dodo, et une véritable miséricorde : les inspections maternelles. Sans s’en rendre forcément compte, la mère, lorsqu’elle dort avec son bébé, veille sur lui, vérifie qu’il va bien… Pour James J.McKenna, le co-dodo sauverait véritablement des vies.

Une autre étude avait calculé le nombre d’inspections nocturnes des mères.  Et les chiffres sont extraordinaires : certaines mères se réveilleraient une quarantaine de fois durant la nuit pour s’occuper de leur bébé. Des gestes attentionnés comme lui toucher le bras, descendre la couverture, s’assurer qu’il est bien positionné, le mettre au sein… D’après le Dr William Sears, Le sommeil partagé développe l’intuition maternelle. (2)

Les maternités « amies des bébés » favoriseraient aujourd’hui le co-dodo, afin de favoriser le lien entre le nouveau né et la maman dès les premières heures de naissance, faciliter la mise en place de l’allaitement, et ménager leur sommeil respectif. Car le co-dodo, c’est aussi éviter les nuits hachées, les aller-retours entre la chambre parentale et celle du bébé ( lorsqu’on répond à ses besoins 24h/24 ), c’est se préserver de l’inquiétude que l’on peut ressentir lorsqu’on n’est pas sûre que le baby-phone fonctionne…

Le sommeil partagé, c’est aussi un besoin de proximité de la mère et de son bébé. Les mammifères gardent leurs petits collés à eux, c’est une de leur caractéristique. Même si nous sommes des mammifères « améliorés », nous fonctionnons avec les mêmes pulsions, les mêmes normes physiologiques. Le sommeil partagé régule la respiration de l’enfant et son sommeil, comme dit plus haut. Il régule également ses modes d’éveil, son rythme cardiaque et sa température corporelle. La mère est une présence régulatrice.

Dans son ouvrage « Guérir », David Servan-Schreiber explique par exemple :

« Le docteur Hofer étudiait la physiologie des bébés rats lorsqu’un matin il s’aperçut qu’une des mamans rats avait quitté sa cage durant la nuit. Les petits rats laissés à eux-mêmes avaient un rythme cardiaque deux fois inférieur à la normale. Hofer a d’abord pensé que cela devait être dû au manque de chaleur. Pour vérifier son hypothèse, il a donc enveloppé un petit appareil chauffant dans une chaussette et l’a posé au milieu des petits ratons sans poil. A sa grande surprise, cela n’a rien changé. D’expérience en expérience, Hofer a pu montrer que ce n’était pas seulement le rythme cardiaque qui était lié à la présence régulatrice de la mère, mais plus de quinze fonctions physiologiques, dont les périodes de sommeil et le réveil nocturne, la tension artérielle, la température du corps, et même l’activité de cellules immunitaires comme les lymphocytes B et T, défenseurs de l’organisme contre toutes les infections. » (1)

Une pratique ancestrale

Quasiment toutes les cultures du monde, mise à part la culture occidentale contemporaine ( et encore… ), pratiquaient et pratiquent encore aujourd’hui le sommeil partagé. Du moins pour le bébé allaité, souvent le plus jeune de la famille ayant moins de deux ans. Au Japon, le nourrisson qui dort entre ses parents est appelé kawa ( rivière entre les berges ). Dans certaines pays d’Afrique, l’on craint que l’enfant reparte durant la nuit accompagné des esprits, et de ce fait ils restent avec sa mère les premières années… En Colombie a été inventée la « méthode kangourou », destinée à aider les prématurés à se développer de façon optimale. Le principe est simple. Les nourrissons prématurés doivent rester contre leur mère 24h/24, et donc dormir près d’elle. La mère se substitue ainsi à la couveuse. (Lire l’ouvrage de Nathalie Charpak, Zira de Calume et Annick Hamel, La méthode Kangourou, éditions ESF).

Dans nos sociétés occidentales contemporaines, ils s’agirait, en réalité, d’une pratique bien présente, surtout pour les six premiers mois de vie du bébé. Une pratique cachée. Les parents dormant avec leur bébé ressentent une telle culpabilité, un tel embarras, qu’ils préfèrent garder cela pour eux. Caroline Eliacheff, pédopsychiatre et psychanalyste disait dans sa chronique « La famille dans tous ses états » sur France Culture en juillet 2003 :

Des générations de psychologues se sont succédées pour asséner qu’un bébé, et encore plus un enfant, devait dormir seul dans sa chambre. Des générations de parents ont fait semblant d’adhérer à cette prescription pleine de bon sens. Dans la réalité, jamais conseil n’a été moins suivi comme viennent nous l’apprendre de nombreux parents contrits ou triomphants. (…)

Les précautions à prendre

Il arrive effectivement qu’il y ait des accidents lors du co-dodo. Il existe donc des règles simples avec lesquelles il ne faut pas transiger. Voici un Pdf de l’Unicef Uk traduit en français : Partager un lit avec votre bébé.

Voici les points à retenir (même s’il est intéressant de lire la brochure entièrement ). Cas dans lesquels il est vivement conseillé de ne jamais dormir avec votre bébé :

  • Si vous (ou n’importe quelle autre personne dans le lit) êtes fumeuse, même si vous ne fumez jamais au lit.
  • Si vous vous endormez sur un canapé ou un fauteuil avec votre bébé.
  • Si vous avez consommé de l’alcool
  • Si vous avez pris de la drogue ou un médicament qui pourrait vous rendre très somnolente
  • Si vous avez une maladie qui affecte votre attention à votre bébé
  • Si vous êtes anormalement fatiguée, à tel point qu’il vous est difficile de répondre à votre bébé.

Voici les règles à respecter en terme d’aménagement :

  • Le matelas doit être ferme et plat – les matelas d’eau, les matelas trop mous ( rempli de granulés de polystyrène qui s’adaptent à chaque position du corps ) ou défoncés ne sont pas adaptés.
  • Assurez-vous que votre bébé ne peut pas tomber du lit ou se retrouver coincé entre le matelas et le mur.
  • La pièce ne doit pas être trop chaude, 16 à 18 degrés Celsius est idéal.
  • Votre bébé ne devrait pas être trop habillé – il ne devrait pas porter plus de vêtements que vous n’en portez vous-même dans le lit.
  • Le drap ou la couverture ne doivent pas recouvrir la tête du bébé ou lui donner trop chaud (une couverture qui vous arrive à la taille pourrait convenir).
  • Ne laissez pas votre bébé seul dans ou sur le lit – même un très jeune bébé peut gigoter et se mettre dans une position dangereuse.
  • Votre compagnon doit savoir que votre bébé est dans le lit.
  • Si un enfant plus âgé partage aussi votre lit, vous ou votre compagnon devriez dormir entre l’enfant et le bébé.
  • Ne laissez pas les animaux de compagnie partager le lit avec votre bébé.

Les mesures de sécurité générales pour les bébés dormant avec les parents  sont également très bien détaillées dans le livre d’Elizabeth Pantley (3), pages 62-66.

Il existe aujourd’hui des berceaux co-dodo, s’attachant au lit des parents, et permettant au nourrisson d’avoir un espace à lui, une fois la tétée terminée par exemple. Cela peut être une alternative intéressante.

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Bibliothèque :

(1) Partager le sommeil de son enfant, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau ( Jouvence, 2005 )

(2) Être parent la nuit aussi, Dr William Sears ( La Leche League Internationale )

(3) Un sommeil paisible et sans pleurs, Elizabeth Pantley ( ADA Éditions )

Crédit Photo

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Les 27 indispensables dans ma trousse de premiers secours

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Voici un article pour les mordus d’aventure en famille, de périples ici et à l’autre bout du monde. Découvrez quelques remèdes naturels, et d’autres indispensables à intégrer dans votre trousse de premiers soins. Cette liste peut être diminuée si vous ne partez pas en pleine nature, ou s’il y a une pharmacie près de l’endroit où vous logez, adaptez-la selon vos besoins !

Pour soigner les bobos qui saignent

1 . L’antiseptique sera votre allié pour désinfecter tous types de plaies ouvertes. Parce que nous n’avons pas toujours dans le sac à dos d’antiseptiques 100% naturels tels qu’un pot de miel, une rondelle de citron ou une gousse d’ail, les formats des contenants proposés en pharmacie sont pratiques à transporter, et simples d’utilisation. Certains parents privilégient l’éosine, antiseptique contenant un colorant naturel rouge.

2 . Lorsque la plaie a besoin d’être nettoyée, et que le spray antiseptique ne permet pas un nettoyage optimal, pensez aux compresses stériles. Imbibées de lotion, elles permettront de tamponner en douceur les plaies.

Pour éviter ou soulager les piqûres d’insectes

3 . L’huile essentielle de citronnelle de ceylan est un répulsif antimoustique imparable. C’est également un anti-inflammatoire : une goutte (pas plus !) pourra être appliquée sur une piqûre de moustique. Associée à l’HE de lavande aspic, son effet répulsif sera plus efficace. Sa rémanence étant « médiocre », il faudra par contre la diffuser de façon régulière. Comme pour toutes les HE, ne jamais la diffuser à proximité d’un bébé.

4 . L’huile essentielle de lavande aspic est un remède « miracle » en première intention (avant de consulter un médecin selon la piqûre/morsure). Piqûre de moustique, morsure d’araignée, piqûre de guêpe, de méduses, et même de scorpion et morsure de serpent, une goutte sur la piqûre ou la morsure permettra de stopper/ralentir les effets du venin. Attention cependant, même si l’HE de lavande aspic n’a pas de contre-indication, elle peut devenir allergisante à la longue, notamment si la peau est hypersensible.

5 . L’aspivenin est un incontournable si vous partez à la campagne, si vous campez, ou faites de longues randonnées…

6 . Le tir-tique vous permettra de retirer les tiques sans leur ôter la tête , c’est à dire les retirer entièrement à l’aide d’un mouvement circulaire efficace.

Pour soulager les traumatismes bénins ne saignant pas

7 . L’huile essentielle d’Hélichryse italienne, interdite durant toute la grossesse, soulage et soigne les bleus, les chocs, les douleurs inflammatoires telle que les entorses. 1 goutte pure sur le choc 3 à 5 fois dans la journée luttera contre l’hématome interne, 3 gouttes pures après l’application du froid limitera l’inflammation suite à une entorse.

8 . La poche de froid instantanée à usage unique ou le spray froid permettront de soulager en première intention les douleurs inflammatoires ou les chocs entraînant un hématome interne.

9 . L’homéopathie « Arnica Montana » en 9CH est très efficace en cas de choc, de chute, de plaie… Donner une dose complète juste après le traumatisme, puis 5 granules plusieurs fois dans la journée. L’Arnica Montana est également efficace en cas de fatigue musculaire.

10 . L’arnigel limite l’étendu des hématomes, après une chute ou un coup, et accélère la résorption des échymoses. A ne pas mélanger avec l’huile essentielle bien sûr. Le gel est à privilégier pour les enfants.

11 . Les Bandes et straps seront d’un grand soutien face aux douleurs inflammatoires.

Pour soulager les brûlures

12 . L’huile essentielle de lavande aspic a également un pouvoir cicatrisant exceptionnel. Ainsi en cas de brûlure sur une petite surface  il est recommandé d’appliquer 2 gouttes pures de cette HE. En cas de brûlure superficielle étendue comme les gros coups de soleil, mélanger 4 gouttes d’HE dans 4 gouttes d’huile végétale, puis appliquer le mélange tous les 1/4 d’heure environ 4 fois, puis encore 3 fois dans la journée.

13 . Un gel ou pommade traitant les brûlures superficielles.

14 . L’argent colloïdale favorise la cicatrisation des plaies et des brûlures.

Contre les microbes

15 . Le chlorure de magnésium en poudre ou en comprimé (je vous conseille la solution en comprimé, le goût étant très prononcé) prévient les infections de tout type, combat les virus et les bactéries en première intention, le temps de trouver un médecin sur place.

16 . L’argile verte en poudre, bue avec un peu d’eau (une cuillère à café dans un verre d’eau), prévient les intoxications alimentaires. Elle filtre également l’eau lorsque celle-ci n’est pas potable. L’argile verte peut être appliquée en cataplasme sur le ventre en cas de douleur abdominale ou intestinale, et par voie orale pour faciliter en cas de diarrhée.

17 . Les solutions de réhydratation orale sont indispensables pour les tout petits en cas de gastro-entérite et diarrhées.

18 . L’huile essentielle d’arbre à thé combat toutes les affections bactériennes et virales, ainsi que les parasites et les champignons. De plus cette huile essentielle n’a aucune contre-indication, lorsque les doses sont respectées.

19 . Voici les 4 traitements homéopathiques traitant la fièvre en première intention : Aconit 9CH, Belladonna 9CH, Gelsemium 7CH et Ferrum phosphoricum 9CH. Chaque fièvre étant différente, il est intéressant d’en observer les symptômes et d’en adapter le traitement. Bien sûr si la fièvre perdure, ou si l’enfant réagit mal à la fièvre, il faut se déplacer chez un médecin.

20 . Des comprimés au paracétamol ou à l’ibuprofène selon les habitudes et les profils sont à prévoir en cas de très fortes douleurs (otite, dents, tête…) ou en cas de fièvre mal supportée, en attendant de trouver un médecin.

21 . L’argent colloïdale permet de purifier l’eau si vous n’êtes pas sûrs de sa potabilité.

Contre le stress

22 . Les fleurs de bach permettent de lutter contre la peur, les émotions négatives, le stress et l’angoisse.

Et…

23 . Le Sérum physiologique pour nettoyer les yeux

24 . Un flacon d’huile d’amande douce pour couper les huiles essentielles au besoin.

25 . Une couverture de survie

26 . Des pansements anti-ampoule

27 . Une pince à épiler pour retirer les échardes…

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En cas de doute, de symptômes qui ne se calment pas, consultez dès que possible un médecin ou un pharmacien. Cette liste n’est pas exhaustive, et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

Les conseils relatifs aux huiles essentielles ont été tiré du livre « Ma Bible des huiles essentielles » écrit par Danièle Festy, livre que je vous conseille vivement, les huiles essentielles pouvant être dangereuse lorsqu’on ne les utilise pas à bon escient. D’une façon générale, les enfants de moins de 3 ans, les femmes enceintes et allaitantes, les personnes fragiles et suivant un traitement médical ne doivent pas utiliser les huiles essentielles (ni même les inhaler) sans en avoir parlé à leur médecin ou à leur pharmacien. Enfin, pour vous guider pas à pas dans l’homéopathie, découvrez les ouvrages d’Alain Horvilleur.

Crédit Photo

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Qu’est ce qui nous rend heureux et en bonne santé toute notre vie ?

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« Qu’est ce qui nous rend heureux et en bonne santé toute notre vie ? » La réponse de Robert Waldinger, psychiatre américain et professeur à la Harvard Medical School, nous rappelle que la richesse, la célébrité et le travail ne contribuerait pas à notre bonheur et notre santé physique et mentale sur le long terme. La réponse est toute autre…

Une étude qui débute en 1934

Robert J. Walinger est le quatrième directeur du Laboratory of Adult Development au Massachusetts General Hospital. Il a présenté lors d’une conférence TED les résultats d’une étude menée sur 76 années auprès du même panel de personnes. 724 hommes ont été suivi minutieusement durant ces longues années pour prouver une chose extraordinaire… De leur adolescence à leur mort pour certains, cette étude a pour objet de découvrir ce qui maintient les gens heureux et en forme même à l’âge avancé.

En 1934, le premier groupe ayant intégré l’étude comprend des jeunes hommes en seconde année à Harvard, ayant intégré l’armée américaine après leur diplôme. Le second groupe compte des garçons issus de familles en grande difficulté, sélectionnés dans le quartier le plus pauvre de Boston. Ces jeunes hommes ont tous été interviewés, ainsi que leurs parents, puis se sont soumis à des examens médicaux.

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76 ans plus tard, quelles conclusions ?

Le Laboratory of Adult Development a démontré que devenir riche, célèbre, ou travailler plus ne nous rend ni plus heureux ni en meilleure santé. Ces 724 hommes ont été questionné, tous les deux ans durant 76 ans :

  1. Un appel
  2. Un questionnaire
  3. Un entretien
  4. Des interviews de leurs enfants (et de leur femme depuis une dizaine d’années)
  5. Un examen de leur dossier médical
  6. Une prise de sang
  7. Un scanner de leur cerveau
  8. Un film montrant ces hommes parler de leurs plus gros soucis à leur femme…

Aujourd’hui, 60 de ces hommes sont toujours en vie et nous enseignent une sagesse précieuse. A plus de 90 ans pour certains, leurs vies témoignent que les bonnes relations nous rendent plus heureux et en meilleure santé. Cette étude met en exergue trois grandes leçons ;

  • Les connexions sociales avec notre famille et nos amis nous permettraient de vivre plus longtemps, plus heureux et en meilleure santé.
  • La qualité des relations proches serait plus importante que la quantité de relations.
  • Vivre au coeur de relations chaleureuses serait protecteur pour notre santé et notre cerveau.

Peu importe donc le taux de cholestérol à cinquante ans, ou l’accident à 60 ans, au delà de tous les problèmes de santé {petit ou gros} les connexions sociales de qualité aideraient même les sujets à se soigner.

Les 2 000 enfants environ de ces 724 hommes rejoignent aujourd’hui leurs pères, et sont de nouveaux sujets pour les chercheurs. Cela permettra de confirmer l’importance des connexions sociales lorsqu’elles sont qualitatives, et pourra apporter de nouvelles conclusions à propos des relations entre les parents et leurs enfants.

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Le liniment oléocalcaire, une recette ancestrale pour le change de bébé

Voici un intemporel. Un soin à avoir absolument dans le panier de bébé, et ce dès la maternité. Une lotion ancestrale pour le change, à base d’huile d’olive. Il s’agit d’une recette qu’une amie m’a apprise il y a près de neuf ans, et qui nous a accompagné des années durant. Découvrez ou redécouvrez le liniment oléocalcaire.

Une recette toute simple

Pour le change, mais aussi pour se démaquiller mesdames { selon votre type de peau }. Il ne vous faut que deux ingrédients :

– 250 ml d’eau de Chaux
– 250 ml d’huile d’Olive
Il suffit de mixer cinq minutes les ingrédients, puis de verser le produit dans un flacon vide et propre. Avant chaque utilisation, vous pouvez secouer la solution légèrement afin que l’huile d’olive ne stagne pas à la surface. Et… c’est tout ! Certaines personnes préconisent l’ajout d’un peu de cire d’abeille pour stabiliser l’émulsion, à vous de tester, et de trouver votre propre recette, vos propres dosages.
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L’eau de chaux se trouve en magasin bio ou à la pharmacie. Le liniment home made réduira considérablement le nombre de produits de soin à acheter.

A vos lingettes lavables !

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