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Ces non sco’ célèbres : le prix Nobel de physique Pierre-Gilles de Gennes

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Pierre-Gilles de Gennes, né le 24 octobre 1932 à Paris, est le fils d’un médecin formé dans l’armée juste avant la grande Guerre, et d’une mère, infirmière durant la guerre, issue d’une famille fortunée de banquiers lyonnais. Pierre-Gilles de Gennes est aussi un descendant direct du savant et mathématicien bâlois Jean Bernoulli. Instruit par sa mère jusqu’à ses 11 ans, il semble avoir trouvé sa voie avec enthousiasme et passion.

Un voyage à Bristol, une rencontre avec la science

Enfant, Pierre-Gilles de Gennes a des soucis de santé, et suit un traitement pulmonaire dans les Alpes de Haute-Provence. Il est éduqué et instruit par sa mère jusqu’à l’âge de 11 ans. A 13 ans, Pierre-Gilles se rend à Bristol pour apprendre l’anglais. Là bas il rencontre le physicien des particules Giuseppe Occhialini, et commence à s’intéresser à la science. Il fait sa rentrée au lycée Saint-Louis pour préparer le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure : la classe « Normale Sciences Expérimentales » (NSE). Il entre à l’École normale supérieure de Paris en 1951, et y fait la connaissance de trois physiciens de renom : Yves Rocard, Alfred Kastler et Pierre Aigrain.

En 1954, marié, papa, et agrégé !

En 1954, Pierre-Gilles prépare à 22 ans le concours de l’agrégation de physique. Cette même année naît son fils, Christian (1954), l’aîné de Dominique (1956) et Marie-Christine (1958). Il arrive troisième au concours en 1955, juste derrière Philippe Nozières.

En 1955 toujours, il entre au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour préparer sa thèse : « Contribution à l’étude de la diffusion magnétique des neutrons ». Entre 1959 et 1961, Pierre-Gilles devient ingénieur détaché du CEA et part à l’université de Californie à Berkeley. Il fait ensuite son service militaire dans le laboratoire du CEA, laboratoire chargé des essais relatifs à la première bombe atomique française. Il assistera à l’explosion de Gerboise bleue dans le Sahara algérien.

Un professeur pédagogue et innovant

De 1961 à 1971, Pierre-Gilles de Gennes devient maître de conférences de physique des solides et professeur titulaire à la faculté des sciences d’Orsay de l’université de Paris (l’université Paris-Sud). Pierre-Gilles a consacré énormément de temps à l’enseignement, à partager avec les jeunes. Pierre-Gilles de Gennes n’hésitait pas à critiquer l’enseignement porté sur la théorie, et recommandait aux professeurs de l’Éducation nationale de faire des stages en entreprises ! Pour lui, l’enseignement de l’École polytechnique n’était pas assez pragmatique. Il développe l’enseignement pratique et inclue l’esprit d’innovation de ses élèves dans ses méthodes d’enseignement. Il était reconnu pour être un chercheur visuel. Il travaillait sur des objets, faisait beaucoup de schémas, de figures, de la peinture aussi, et du dessin. L’on rapporte la qualité de son expression, de sa calligraphie et sa justesse dans le choix de ses mots. Il était reconnu par ses collaborateurs pour son aptitude « à saisir l’essentiel d’un phénomène et à en isoler les effets importants ».

En 1971, il est nommé professeur au Collège de France. Il quitte son laboratoire d’Orsay pour en créer un autre au Collège de France, entouré d’autres spécialistes de la physique expérimentale : Madeleine Veyssié et Françoise Brochard-Wyart, avec qui il aura quatre enfants. En 1976, Pierre-Gilles est nommé directeur de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI-ParisTech). Un an plus tard, il a une fille avec sa collègue Françoise Brochard-Wyart : Claire (1977), aînée de Matthieu (1978), Olivier (1984), et Marc (1991). Il reste malgré tout marié avec sa femme Anne-Marie Rouet jusqu’à sa mort.

1991, papa pour la septième fois et Prix Nobel de Physique

Pierre-Gilles de Gennes reçoit le prix Nobel de physique en 1991, pour ses travaux sur les cristaux liquides et les polymères. Ses travaux ont inspiré et engagé de très nombreuses études en physique, en physico-chimie fondamentales et en sciences appliquées. Après son prix Nobel, il visite plus de 200 lycées français.

En 2002, il étudie à l’Institut Curie (sujets proches de la matière molle, les vésicules, les pores, l’adhésion cellulaire et la chimiotaxie, en transposant pour la biologie les concepts qu’il a développé en physico-chimie), puis étudie les neurosciences et le stockage des odeurs dans la mémoire.

Pierre-Gilles était également une personne engagée. En 2006, il dénonce la décision de construire le programme nucléaire ITER. Puis il signe avec d’autres lauréats du prix Nobel, un appel demandant qu’une délégation du Comité des droits de l’enfant de l’ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine. En 1994, il avait du mal à croire en un réchauffement climatique, jusqu’en 2006 où il co-signe une tribune dans Le Figaro intitulée « La France doit rester en tête de la lutte contre le réchauffement climatique ».

Pierre-Gilles de Gennes meurt d’un cancer diagnostiqué cinq ans plus tôt, le 18 mai 2007 à Orsay.

L’ESPGG à Paris, un monde imaginé par Pierre-Gilles

L’ESPGG est à la croisé d’un espace d’animation grand public et d’un laboratoire d’innovation pour la médiation scientifique. C’est ainsi que se défini l’espace sur son site : « Il se situe à l’interface entre science, culture, art et société. Il constitue un lieu ouvert pour favoriser les échanges, les rencontres et les réflexions communes entre chercheurs, enseignants, journalistes, artistes, narrateurs, curieux des sciences et des cultures. » L’ESPGG est une « Passerelle entre la cité et le monde scientifique imaginée en 1994 par Pierre-Gilles de Gennes« .

A l’ESPGG l’on peut découvrir aujourd’hui :

  • Des expositions temporaires et permanentes (parmi lesquelles des instruments originaux de Pierre et Marie Curie) ;
  • Des animations scientifiques pour publics familiaux et scolaires ;
  • Des conférences grand public avec des expériences ;
  • Des séminaires sur la communication des sciences et la pédagogie ;
  • Des événements, soirées, rencontres entre art, science et culture ;
  • Des activités d’accompagnement de l’enseignement des sciences dans la dynamique de La Main à la Pâte.

Comme un petit monde qui fait vivre encore aujourd’hui l’enthousiasme et les passions de Pierre-Gilles de Gennes !

Un personnage atypique et passionné

Son instruction à domicile a-t-elle eu un impact positif sur sa vie, sa vision des apprentissages, la Liberté dont il faisait preuve dans ses publications, ses critiques objectives du système éducatif, ses remises en question ?

Comme Agatha Christie ou Charlie Chaplin, ces non sco’ avaient un profil atypique et ont su très vite se différencier, se démarquer, rebondir et persévérer. Si leur instruction en famille (ou leur non instruction pour Charlie Chaplin) n’est pas un facteur prépondérant de leur réussite, il semblerait qu’elle ne les ait pas non plus handicapé dans leur réussite et leur parcours de vie.

 

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Ces non sco’ célèbres : L’idole du cinéma muet, Charlie Chaplin

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Après les portraits d’Agatha Christie et de Taïg Khris, voici aujourd’hui l’histoire d’un autre artiste qui n’a jamais été à l’école. Il n’a d’ailleurs jamais été instruit. Mondialement connu, il était acteur, réalisateur, scénariste, producteur et compositeur britannique. Il fut l’idole du cinéma muet avec son personnage Charlot… vous l’avez reconnu, il s’agit de Charlie Chaplin.

Une mère fragile, trois frères, trois pères

Charles Spencer Chaplin est né à Londres le 16 avril 1889. Il a un grand (demi) frère, Sydney, né de père inconnu. Les deux parents de Charles sont artistes de music-hall. Ces derniers se séparent alors qu’il n’a pas 3 ans. Charles et Sydney restent d’abord auprès de leur mère Hannah dans le borough londonien de Kennington, malgré leurs grandes difficultés financières. Charlie est cependant accueilli dans une institution à 7 ans, et ce durant 18 mois. Cette période est très dure pour lui.

Malgré les efforts de sa mère pour les élever, sa santé mentale est si fragile qu’elle est internée deux mois à l’hôpital psychiatrique de Cane Hill. En effet, Hannah a développé une psychose apparemment provoquée par la malnutrition et la syphilis. Charlie et Sydney sont alors confiés à leur père, qu’ils ne connaissent pourtant pas. Devenu alcoolique, ce père inconnu chez qui ils restent seulement deux mois décède deux ans plus tard d’une cirrhose.

Charlie a également un petit frère qu’il ne connaîtra que bien plus tard, car le père de ce dernier, Leo Dryden chanteur de music-hall, décide de le retirer à sa mère alors qu’il n’a que six mois.

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Une prise d’autonomie trop jeune

L’état de leur mère s’améliore jusqu’en 1904, puis elle fait une rechute. Charles a alors 14 ans. Il l’accompagne alors au dispensaire qui la transfère à Cane Hill. Il se retrouve seul. Il attend d’abord le retour de son frère aîné dans la rue, ce dernier s’étant engagé dans l’armée deux ans plus tôt. Hannah sort huit mois plus tard, puis est de nouveau internée en 1905. Charlie vit ainsi, balloté entre chez lui, la rue, et les institutions.

Sa première scène est à 5 ans. Mais Charles débute sa carrière professionnelle un peu plus tard. Il joue pendant des années le petit groom Billy dans la pièce Sherlock Holmes, au coeur d’une troupe d’enfants danseurs de claquettes : les « huit gars du Lancashire ». Charles se fait remarquer lors d’une tournée dans un théâtre du West End à Londres. Autodidacte et créatif, Chaplin devient alors quelqu’un dans le métier, et de grands acteurs lui enseignent même l’art de la Comédie.

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Des claquettes à la Gloire !

Après les claquettes, Charlie se lance avec brio dans l’imitation de célèbres comiques avec la troupe « le Casey’s Circus ». Il est ensuite engagée à 19 ans dans la troupe de Fred Karno, à cette époque le plus grand imprésario britannique de spectacles de cabaret, et devient la star de l’équipe ! En 1913, lors d’une tournée dans les music-halls américains, il est remarqué par  Mack Sennett et engagé par la Keystone Comedy Company à Hollywood. Chaplin est à présent sous le feu des projecteurs pour des courts et moyens métrages.

C’est Charlie lui-même qui créé son propre personnage. Son costume et son maquillage vont contribuer à le rendre célèbre dans le monde entier. Aucun acteur n’aura jamais connu un tel enthousiasme et une telle affection de la part de son public en une année seulement. Charlie est embauché par la Keystone Company, puis la Essanay Film Manufacturing Co., puis la Mutual Film Company… Et son salaire n’en finit pas de croître.

Une quête d’une plus grande autonomie créative

Charlie recherche encore et toujours la même chose au fil de ses collaborations : une plus grande autonomie créative. A la fin de la première Guerre, en 1918, il créé son propre studio. Un an plus tard, il est co-fondateur, avec Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Griffith, de United Artists (les Artistes Associés), une maison de distribution indépendante.

Ses oeuvres, comme L’émigrant, Charlot soldat, The Kid ou La ruée vers l’or sont des chefs d’oeuvres. Il a du talent oui. Un talent immense empreint de créativité. Ses films innovent et bouleversent le monde. Dans ses films, le public découvre beaucoup d’émotions, et la satire sociale.

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Des films plus politisés

Malgré l’apparition du son dans les téléviseurs, Chaplin préfère réaliser de nouveaux films muets. La bande sonore ne sert qu’à accompagner musicalement ses chefs d’oeuvre. Le premier film contenant des dialogues est « Le dictateur » sorti en 1940, un film se moquant d’Hitler et de Mussolini. C’est également un tournant dans sa carrière, ses oeuvres devenant plus politiques. Ce film est d’ailleurs jugé trop radical pour la droite américaine, qui tente de lui mettre des bâtons dans les roues. Le FBI s’attaque même à lui, et orchestre contre lui un procès en reconnaissance de paternité, ainsi qu’une enquête médiatisée concernant ses soit-disant relations avec des femmes plus jeunes. Sa popularité ne décline pourtant pas auprès de son public.

En 1952, Chaplin part à Londres pour la représentation de son film « Les feux de la rampe ». Les Etats-Unis en profitent pour annuler son visa de retour, l’accusant de sympathies communistes. Chaplin décide de s’établir en Suisse, et réalise deux nouveaux films sans Charlot : « Un roi à New York » et « La Comtesse de Hong-Kong ». Il écrit également deux livres autobiographiques, « My Autobiography » et « My Life in Pictures ». Presque jusqu’à sa mort il ne cesse d’écrire des scénarios et de composer de nouvelles partitions musicales pour ses anciens films muets.

65 ans de carrière, plus de 80 films : en 1972, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui remet un Oscar d’honneur pour « sa contribution inestimable à l’industrie cinématographique ». Quelques unes de ses œuvres sont considérées comme faisant partie des plus grands films de tous les temps ! Charlie Chaplin, Charlot, l’une des premières figures du cinéma, rendra l’âme dans la nuit de Noël 1977 à Corsier-sur-Vevey.

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Ces non sco’ célèbres : Agatha Christie, une vie pleine de courage et de persévérance

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Beaucoup de monde s’interroge, à tort ou à raison, sur l’avenir de ces enfants « non sco », c’est à dire recevant une instruction en dehors du cadre de l’école. Je souhaite aujourd’hui à travers ce billet mettre en avant un exemple concret de réussite, et une personnalité aussi mystérieuse que remarquable. Une femme de lettres mondialement connue, qui a su s’adapter et persévérer jusqu’à devenir cette célèbre Agatha Christie.

Issue d’une famille de classe moyenne supérieure

Agatha Mary Clarissa Miller est née le 15 septembre 1890, à Torquay au bord de la Manche dans le sud de l’Angleterre. Agatha est la fille d’une britannique, Clarisse Margaret Boehmer (elle-même fille d’un capitaine de l’armée britannique), et d’un américain, courtier de métier, Frederick Alvah Miller. Ses parents appartiennent à la classe moyenne supérieure, et ont trois enfants dont Agatha, la petite dernière.

Son frère et sa soeur vivent et sont instruits dans un pensionnat. Agatha bénéficie quant à elle d’une éducation à domicile soignée. Sa gouvernante lui apprend très tôt à lire, son père lui enseigne l’arithmétique. Agatha commence à écrire très tôt toutes sortes de textes : des poèmes, des contes, des nouvelles, toujours encouragée par sa mère. Elle s’inspire de nombreux ouvrages comme les contes, des poèmes de Mary Louisa Molesworth, Lewis Carroll ou Edward Lear… mais aussi de l’intérêt qu’a sa mère pour les religions et l’ésoterisme.

Une artiste lyrique trop timide

Le père d’Agatha décède alors qu’elle n’a que 11 ans. Sa mère décide alors de reprendre son instruction, jusqu’en 1902. Elle l’inscrit ensuite à la Miss Guyer’s Girls School, une école pour fille à Torquay, où elle restera jusqu’en 1906. Puis, Agatha et sa mère se rendent à Paris pour lui permettre de finir ses études dans des maisons d’éducation françaises, chez Mademoiselle Cabernet à Paris, puis aux Marronniers à Auteuil, et enfin chez Miss Dryden à Paris qui fait office de Finishing School. Elle y étudie le chant, et le piano.

Agatha souhaite faire carrière dans la chanson. Mais sa timidité l’oblige à renoncer rapidement. Elle retourne alors à Torquay, devenu un refuge pour les citoyens Belges pendant la première guerre mondiale. Et c’est ainsi certainement qu’est né Hercule Poirot dans son esprit, alors qu’elle observe ces réfugiés belges vivant dans une paroisse voisine après la Grande Guerre.

L’écriture, les premiers échecs d’Agatha

En 1910, Agatha et sa mère tombée malade partent quelques mois au Caire, pratique courante à l’époque pour celles et ceux en ayant les moyens, les climats chauds étant plus propices à la guérison de certains maux. Elles rentrent ensuite en Grande-Bretagne, où Agatha décide de participer à l’écriture et à la réalisation de représentations théâtrales. Elle tombe alors malade, prise par une très grande fièvre. Sa mère l’enjoint de continuer d’écrire, reconnaissant son talent, et songeant que cela pourrait l’aider à se battre contre la fièvre. Agatha écrit alors de nombreuses nouvelles, dans un premier temps toutes refusées par les différentes revues.

C’est sa grande soeur, Margaret, qui lui fait découvrir les énigmes de Sherlock Holmes et d’Arsène Lupin, puis la met au défi d’écrire un roman policier. Son premier roman « The Lonely Petit » est encore recalé.

Une femme mariée pendant la guerre

Agatha souhaite se marier depuis plusieurs années. C’est lors d’un bal en 1912 qu’elle rencontre Archibald Christie. Ils tombent amoureux et se fiancent. Deux ans plus tard, le jour de Noël 1914, ils se marient juste avant le départ d’Archibald pour la Grande Guerre. Agatha a alors 24 ans.

Elle devient infirmière bénévole de 1914 à 1918, dans un détachement de Secours Volontaire dans sa ville de Torquay. La mairie est transformée alors en hôpital de la Croix-Rouge. En 1916 elle devient assistante-chimiste, et obtient son diplôme de pharmacienne en avril 1917. Femme de lettres, elle n’hésite pas à devenir une femme de sciences pour les besoins de son pays.

Naissance de sa fille et d’Hercule Poirot

De retour de la guerre, son mari est promu colonel et est affecté au Ministère de l’Armée de l’Air Rising. Ils déménagent alors tous les deux à Londres. La publication de ses textes deviennent un complément de revenu important, son époux rencontrant des difficultés financières.

Agatha devient maman le 5 août 1919 en donnant naissance à Rosalind. L’année suivante, Bodley Head accepte de publier son premier roman « La Mystérieuse Affaire de Styles » qu’elle a écrit sur son temps libre, à la suite d’un pari avec sa soeur. Ce roman donne naissance au très célèbre personnage Hercule Poirot.

1930 : Succès, mort, infidélité et disparition

Agatha a besoin d’un agent pour éviter de se faire berner par les éditeurs. Edmunk Cork devient son agent et le restera tout au long de sa carrière. Avec son premier roman, Agatha obtient l’estime de la profession, et en 1926, découvre le succès avec son roman « Le Meurtre de Roger Ackroyd ».

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La même année, sa mère décède, et son époux infidèle demande le divorce. Le 3 décembre 1926, elle disparaît, et laisse la presse et les forces de l’ordre dans l’ignorance la plus totale en ce qui concerne son sort. Sa Morris Cowley est retrouvée abandonnée près de l’étang de Silent Pool… Suicide ? Meurtre ? Coup de pub pour la reine du Crime ? Elle est retrouvée 12 jours plus tard au Swan Hydropathic Hotel sous le nom de la maîtresse de son mari, Mrs Teresa Neele. Les théories sur cette disparition sont alors nombreuses. Vengeance, promotion de son dernier livre dont les ventes explosent, épisode de décompensation et d’amnésie ? Son divorce est prononcé en avril 1928, son mari épouse sa maîtresse.

Une nouvelle vie, un nouvel amour

En 1930, lors d’un voyage au Moyen-Orient, elle rencontre l’archéologue Sir Max Mallowan, de 15 ans son cadet. Elle l’épouse discrètement la même année, l’accompagne dans ses voyages de fouilles archéologiques en Irak à Tell Arpachiyah, puis en Syrie à Chagar Bazar et à Tell Brak de 1936 à 1938. Agatha découvre une nouvelle passion, et participe activement aux fouilles. Elle nettoie, restaure les pièces découvertes, fait l’inventaire des pièces, les reproduis en les dessinant ou en les photographiant, et s’occupe du ravitaillement…

Dans les années 30, Agatha écrit dix-sept romans et sept recueils de nouvelles. Elle participe aussi à la création en 1930 du Detection Club, association rassemblant tous les plus grands auteurs britanniques de romans policiers.

La guerre frappe, nouvelle séparation

Le 3 septembre 1939, l’Angleterre déclare la guerre à l’Allemagne nazie. Max Mallowan son époux a alors 35 ans et sert dans la défense civile de Brixham. En 1940, il devient secrétaire du professeur Garstang, son ami et directeur de l’École britannique d’archéologie d’Ankara. Quant à Agatha, elle offre d’abord ses compétences pharmaceutiques à l’hôpital de Torquay, puis rejoins son mari à Londres. Les raids allemands les obligent à déménager de nombreuses fois.

En 1941, Max est au service de Stephen Glanville au Ministère de l’Air. Parlant arabe, il est envoyé au Caire en tant que Commandant. Agatha travaille pendant ce temps à la pharmacie de l’University College Hospital où elle continue d’apprendre à propos des poisons. Elle tente de rejoindre son mari au Caire, mais n’y parvient pas. Max revient de la guerre en mai 1945. La Paix revenue, ils peuvent enfin retourner vivre dans leur maison de Greenway, la demeure qu’ils ont acheté en 1938. Cette résidence est d’ailleurs toujours ouverte au public, les descendants d’Agatha en ayant fait don à la National Trust. Bonne nouvelle également, la guerre arrivée à sa fin, Agatha reçoit les bénéfices de ses droits d’auteurs aux États-Unis, bloqués en 1939 par le fisc américain.

Dernier voyage, dernier roman

De 1953 à 1958, Agatha et son époux repartent en Irak. Max dirige les fouilles à Nimrud jusqu’à la Révolution, après l’assassinat du roi Fayçal II ne soit assassiné.

Son dernier roman « Le Poids de l’amour » est publié en 1956, sous le pseudonyme Mary Westmacott. Elle écrit moins, et avoue préférer flâner dans les expositions, assister aux concerts, aller à l’opéra, jardiner… Pensant toujours aux siens, elle fonde en 1955 l’Agatha Christie Limited (ACL), une société propriétaire de ses droits d’auteur, dont ses descendants détiennent aujourd’hui 36 % des parts. Sa dernière apparition en public sera auprès de la Reine Elisabeth II, à l’avant première du film « Le crime de l’Orient-Express » de Sidney Lumet en 1974. Satisfaite, elle fera remarquer seulement une chose : la moustache de Poirot est trop banale ! Agatha meurt le 12 janvier 1976 dans sa résidence de Wallingford, près d’Oxford. Elle repose aujourd’hui au cimetière de Cholsey.

Sa vie, une inspiration dans ses romans

Son vécu lui inspire tous ses romans. C’est pour se venger de Catherine Woolley, la femme du directeur de fouilles du site archéologique d’Ur (chantier sur lequel son second mari travaillait lorsqu’ils se sont rencontrés), qu’Agatha a écrit « Meurtre en Mésopotamie » en 1936. En effet Catherine ne voulait pas d’elle sur le site d’Ur et tenta de la mettre à l’écart. C’est grâce à son métier d’assistante chimiste en 1916, puis à son travail en pharmacie en 1941 qu’elle maîtrise l’art des drogues et des poisons dans ses romans. C’est suite à des mésaventures lors d’un voyage retour à Londres par l’Orient-Express, à Noël 1931, qu’elle écrit « Le Crime de l’Orient-Express ». Au début de la guerre 39-45, Agatha est approchée pour « s’occuper d’un travail de propagande ». Elle refuse mais écrit ensuite le roman « N. ou M. ? » dénonçant les partisans du régime hitlériens.

Durant la seconde guerre mondiale, elle écrit même deux romans mettant fin aux aventures de ses deux héros : Miss Marlpe  avec « La Dernière Énigme » et Hercule Poirot avec « Hercule Poirot quitte la scène ». Ceci afin d’assurer des revenus à sa famille, et éviter que les personnages soient repris par d’autres auteurs si elle ne survivait pas à la guerre.

Une auteure époustouflante

Femme de lettres, le théâtre a toujours été présent pour Agatha qui a écrit des pièces à chaque moment charnière de sa vie. Comme sa pièce de théâtre « La Souricière » rencontrant un grand succès à Londres en 1952, ou  » Témoin à charge » jouée à Londres, New York, et Paris dans les années 50.

Agatha Christie a animé avec créativité et beaucoup de passion les personnages célèbres de Miss Marple, détective amateur, et d’Hercule Poirot, détective professionnel. Sa plume ne semble s’être jamais langui, sa créativité ne s’être jamais atténuée. Des dizaines d’ouvrages ont été publiés (66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre) dont les très célèbres romans « Les dix petits nègres », « Mort sur le Nil », « Abc contre Poirot » ou encore  » Le Crime de l’Orient-Express ». La Reine du crime est reconnue dans le monde comme étant une romancière exceptionnelle, talentueuse, et est aujourd’hui toujours beaucoup respectée. Certains de ses romans ont d’ailleurs été adaptés pour le grand et le petit écran.

Une reconnaissance au delà des frontières

  • Agatha est l’auteur le plus lu de l’histoire chez les Anglo-Saxons, après William Shakespeare !
  • Agatha est la première récipiendaire du prix Grand Master Award et Grand maître en 1955 pour sa pièce « Témoin à charge ».
  • Agatha reçoit la distinction de Dame commandeur de l’ordre britannique des mains de la reine Elisabeth II en 1956, devenant Dame Agatha Christie.
  • Agatha est élue présidente du Detection Club en 1957.
  • Les romans d’Agatha ont été traduits en 7 233 langues.
  • Les livres d’Agatha Christie ont été vendus entre 2,5 et 4 milliards d’exemplaires.
  • Les livres d’Agatha Christie se vendent encore à hauteur de 4 millions d’exemplaires par an.
  • Seule la Bible dépasse son oeuvre en nombre d’exemplaires vendus.
  • « Les Dix petits nègres » ont été vendus à 100 000 exemplaires, et est dans la liste des ouvrages les plus vendus au monde, le premier roman policier, et le septième livre tous genres confondus.
  • Ses romans ont été adaptés dans 20 films et plus de 100 téléfilms.
  • Certains de ses romans ont été adaptés en BD par les éditions Claude Lefrancq et Emmanuel Proust
  • Ses énigmes policières sont très prisées en murder party, mais aussi dans certains jeux vidéos.

Tous les non sco’ ne deviennent pas des personnalités extraordinaires, mais la vie d’Agatha Christie prouve que l’instruction en famille n’est pas un obstacle à l’émancipation, à l’autonomie, à la réussite après l’échec, à l’adaptation face aux épreuves de la vie. Cette femme a su rebondir avec créativité et endurance, elle a aussi su faire preuve de compassion et de générosité lors des deux grandes guerres. Un exemple de courage et de persévérance !

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Les aliments pour un cerveau en bonne santé

Chaque composant de notre cerveau a un impact sur notre fonctionnement, notre développement, notre humeur, et notre énergie. Voici un cours TEDEd pour nous rappeler l’importance de notre alimentation et les aliments à privilégier.

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Les acides gras essentiels

Les superstars de la famille des « gras » de notre cerveau seraient donc les Omega 3 et 6, deux familles d’acides gras « polyinsaturés ». Les acides gras essentiels luttent contre les facteurs dégénératifs de notre cerveau. Ils sont appelés « essentiels » car l’organisme ne les produit pas, il en a toutefois besoin.

Où trouver des Oméga 3 : Dans les graines de chia, l’huile de chanvre, l’huile de lin, les noix et leur huile, les poissons gras comme le saumon d’Atlantique d’élevage ou sauvage, le hareng grillé ou la morue, les oeufs de poisson, le maquereau, l’huile de colza, la mache, la laitue, le choux…

Où trouver des Oméga 6 : Dans les graines de tournesol grillées, les pignons déshydratés, l’huile de carthame, l’huile de pépin de raison, les graines de sésame, l’huile de tournesol, de maïs, ou de noix, les noix du Brésil, les graines de courge…

Par contre, la consommation d’autres matières grasses à long terme comme le gras trans et saturés peuvent avoir un impact négatif sur la santé de nos méninges.

Les antioxydants 

Les antioxydants des fruits et des légumes quant à eux lutteraient contre les radicaux libres qui détruisent nos cellules grises. La vitamine E (tocophérol) sous sa forme « alpha-tocophérol » est celle que l’on rencontre le plus dans notre alimentation et celle qui présente l’activité biologique la plus élevée.

Où trouver des antioxydants : Dans les alliacées (poireau, oignon, ail…), les anthocyanines (aubergines, baies, raisin…), la citrouille, la mangue, l’abricot, la carotte, les épinards, le persil, le thé, les fruits de mer, les viandes maigres, les fruits à coque, les légumineuses…

Où trouver les tocophérols (vitamine E) : Dans les huiles vierges d’olive et de colza, les amandes, les noisettes, les cacahuètes, les épinards, l’avocat, le foie, les oeufs, la matière grasse du lait…

Les vitamines

Les vitamines B6, B12 et B9 (l’acide folique) préviendraient les maladies du cerveau et le déclin mental.

Où trouver la vitamine B6 : Dans le dindon, le thon, le foie de boeuf, le saumon de l’Atlantique, la morue, la poulpe, la pomme de terre cuite au four avec sa pelure, les pois chiche en conserve, les pistaches, la banane, les graines de sésame, et de tournesol, le jus de pruneau…

Où trouver l’acide folique (vitamine B9) : Dans les légumes verts à feuilles sombres comme les blettes, les épinards, mais aussi dans les fruits. En plus petites quantités on en trouve dans les fromages, les œufs, le foie, le pain et les pommes de terre. 

Où trouver la vitamine B12 : Dans le foie de veau, d’agneau, de volaille, dans le cœur de bœuf, le lapin, les fruits de mer, les crustacés, le thon, le hareng, les sardines…

Les oligo-éléments et minéraux

Le fer, le cuivre, le zinc et le sodium seraient eux aussi vital pour la santé de notre cerveau et son développement cognitif précoce.

Où trouver le fer : Dans les abats, la viande rouge, les coquillages, les poissons, les algues, les légumes secs, le cacao, le zaatar.

Où trouver le cuivre : Dans les huitres, le foie de veau, de boeuf, et d’agneau, la spiruline, les champignon shiitake séchés, les graines de sésame, le beurre de sésame…

Où trouver le zinc : Dans les huitres, le foie de veau, le pain de seigle et froment, les fruits de mer, le maroilles, le morbier, le chocolat en poudre (non sucré), le steak haché…

Où trouver le sodium : Dans le sel de table (de préférence le sel ramassé de façon artisanale comme le sel de Guérande), la sauce soja, le bacon de dinde, la morue de l’Atlantique…

Les glucides

Notre cerveau pèse 2% de notre poids total, et consomme pourtant 20% de notre énergie vitale. Pour fonctionner, il a besoin de beaucoup de carburant : les glucides. Mais encore une fois pas n’importe lequel. Il existe trois types de glucides : l’amidon, le sucre, et la fibre. Un aliment à indice glycémique élevé tel que le pain blanc libère trop vite le glucose dans le sang. Conséquence, la glycémie descend rapidement, notre attention et notre humeur diminuent avec elle. C’est pourquoi il faut privilégier les légumineuses et les céréales qui libèrent le glucose lentement, permettant un niveau d’attention plus stable.

Ces conseils sont d’autant plus importants pour des sujets comme les enfants et les adultes ayant un trouble de l’apprentissage ou du comportement comme les troubles de l’attention (TDAH), ou ayant des troubles du sommeil…. C’est également des conseils à prendre au sérieux pour les personnes atteintes de neurodégénérescence.

Pour conclure, un seul conseil : mangez équilibré !

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Comenius ou Komensky, le père des pédagogies modernes

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« Comment donner accès à tous les savoirs, à tous les humains ? » Ceci est le titre de la première vidéo d’une série de vingt-six, réalisées entre 1999 et 2001. Ecrites par Philippe Meirieu, spécialiste des sciences de l’éducation et de la pédagogie, elles sont à l’époque diffusées sur France 5. Cette vidéo aborde en 13 minutes les apports pédagogiques de Jean-Amos Comenius, également appelé Jan Amos Komenský.

Qui était le pédagogue Comenius ?

Comenius est né en 1592 à Uherský Brod en Moravie (Royaume de Bohême, actuelle République tchèque). Il est mort en exil en 1670 près d’Amsterdam. Il était philosophe, grammairien, pédagogue tchèque, et pasteur membre du mouvement protestant des Frères Moraves.

Sa vie ne fut pas un long fleuve tranquille. Orphelin à l’âge de 12 ans, il est spolié de son héritage par des tuteurs peu scrupuleux. Il construit sa vie autour de la foi et ses études de philosophie. Ses années d’étude l’horrifient, et c’est peut être la raison pour laquelle il sera motivé pour réformer l’enseignement plus tard. Il devient pasteur en 1616 et l’importante paroisse de Fulnek lui est confiée en 1918. Il doit ensuite faire face à l’insurrection des états de Bohême en 1621 lors de la guerre de trente ans. Il est traqué par les troupes espagnoles et doit fuir, abandonnant sa femme et ses enfants, qui meurent de la peste avant qu’il ne puisse les retrouver. Banni, il migre en 1627 avec quelques compatriotes.

 » Le temps viendra, Comenius, où la foule des hommes de bien t’honorera et honorera tes oeuvres, tes espérances et tes voeux.  » Leibniz.

En 1630, à 40 ans, il commence à s’intéresser à la pédagogie. Ses idées le font connaître et il est écouté autant par les catholiques que par les protestants. Il est invité de 1651 à 1654 par le prince hongrois Sigismund Rakoczi, où il essaie de mettre en pratique ses idées pédagogiques grâce à son statut de maître d’école. Il contribue également au changement en Angleterre, et en Suède où il réforme les écoles sur la demande de Louis De Geer, qui occupe une place économique importante en Europe suite à la guerre de trente ans. On lui propose même de diriger l’école de Harvard, au Massachusetts. Le cardinal de Richelieu invite également Comenius en France. Ce dernier envoie un de ses disciples et amis à sa place, Joachim Hûbnermais, mais ce dernier arrive lorsque Richelieu se meurt.

C’est en Hollande dès 1656, après l’attaque des catholiques en Pologne détruisant ses vingt dernières années de travaux, qu’il vit ses dernières années. Il vécut 78 années, un âge rarement atteint à cette époque.

« Lorsque l’éducation générale de la jeunesse commencera par la bonne méthode, il ne manquera plus à personne ce qui lui est nécessaire pour bien penser et bien agir. » Comenius

Le travail de fond de Comenius

Son esprit atypique lui valut de nombreuses étiquettes, pas toutes flatteuses. Métaphysicien d’arrière-garde, faux prophète, précurseur de l’O.N.U., père de l’éducation moderne, le Galilée de l’éducation, l’inspirateur de la franc-maçonnerie (son livre sur la réforme des affaires humaines dont la première partie, intitulée Le Réveil de tous, semble avoir inspiré le fameux Livre des constitutions maçonniques de James Anderson), ou encore l’inspirateur qui prépara le monde au rationalisme plutôt antichrétien des Lumières… Son apport en terme de pédagogie est pourtant indéniable.

Contemporain de Descartes, Comenius s’intéresse profondément à l’Homme. Fidèle au mouvement protestant de son Eglise, il proteste contre la toute puissance du Clerc catholique, qui à l’époque garde le monopole du Savoir. Il ne veut plus de ces écoles qui maîtrisent le flux du Savoir transmis, et empêche l’accès à toutes les connaissances. Ces écoles qui forcent la mémorisation de milliers de lignes, sans réflexion ni enthousiasme. Il cherche comment faire en sortie que tous les Hommes puissent avoir accès à tous les savoirs disponibles, « tout doit être enseigné à tout le monde, sans distinction de richesse, de religion ou de sexe ». Comenius va en effet plus loin, et c’est peut être là où il dérange. Il affirme à une époque où les femmes avaient un statut inférieur à l’homme, que les filles ont les mêmes capacités intellectuelles que les garçons. Il réclame un enseignement gratuit, pour tous, et laïque, et ce pour tous les enfants du monde ! Comenius voua vraiment toute sa vie à l’amélioration des méthodes d’instruction. Son travail est la base du projet pédagogique de notre époque.

« Plus nombreux sont les problèmes auxquels on réfléchit, plus on risque de n’en comprendre aucun. » Comenius

A l’époque le Savoir se trouve dans les bibliothèques, dans des manuscrits cachés dans quelques monastères… il est loin d’être accessible au plus grand nombre. Comenius agit concrètement, et invente le cursus de l’enseignement secondaire en sept années, de la sixième à la terminale. Il invente la table des matières et l’index dans les ouvrages pour faciliter la recherche. Il créé la première encyclopédie, 150 ans avant Diderot ! Plus de 580 titres d’ouvrages sont publiés à son nom. Son idée est de classer les Savoirs, de les proposer par ordre de complexité afin que même les personnes sans connaissance puissent y accéder, et puissent progresser… Il se bat également pour que les élèves en difficulté bénéficient d’une meilleure prise en charge.

Comenius invente également l’équivalent de l’école maternelle, les manuels scolaires, et insiste sur le travail personnel de l’élève. Comenius est pour un rythme scolaire qui se rapproche aujourd’hui de celui des pays nordiques (sa réforme en Suède au 17ème siècle a sans conteste eu un impact historique), c’est à dire 4h d’enseignement par jour seulement. Le reste du temps il encourage les enfants à s’interroger, à approfondir leurs connaissance, à aller chercher le savoir dans les ouvrages pour se construire leurs propres vérités, leurs sciences. Il est d’avis que les enfants devraient mémoriser le moins possible, mais devraient plutôt savoir où trouver les informations dont ils ont besoin. Il encourage les travaux artistiques, manuels, la musique, les jeux pour apprendre, car pour lui il n’existe rien de tel qu’apprendre en s’amusant. Il déconseille fortement la punition corporelle, car pour lui, la contrainte est moins motivante, moins stimulante que l’enthousiasme, que le plaisir dans les apprentissages.

Sa pédagogie était très moderne, et inspire encore aujourd’hui.

« L’école devrait être le vrai atelier de l’Humanité. »

Sources :

Crédit Photo

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Ces non sco’ célèbres : Taïg Khris, triple champion du monde de roller sur rampe et entrepreneur créatif

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Un exemple de réussite prodigieux, je vous présente aujourd’hui Taïg Khris, triple champion du monde de roller sur rampe et entrepreneur très créatif ! Né en 1975 à Alger d’un père algérien (comédien-metteur en scène) et d’une mère grecque (sculpteur), Taïg Khris grandit au sein d’une famille itinérante, et est de ce fait instruit par ses parents. Une chance pour ce génie ? Certainement ! Cette Liberté lui aura permis de s’enthousiasmer à l’infini et de développer les compétences dont il avait besoin au moment opportun !

Un athlète invincible et optimiste

Il débute la pratique du roller à 5 ans sur l’esplanade du Trocadéro, et pratique des figures de plus en plus acrobatiques. A l’adolescence, il découvre les sensations de la rampe et s’améliore à grande vitesse. Il commence la compétition en 1991, et est repéré par Rollerblade en 1996 lors d’une compétition à Paris-Bercy. Taïg Khris disputera 115 compétitions, et montera sur le podium 109 fois ! Il sortira victorieux 75 fois et deviendra même triple champion du monde de roller sur rampe, vainqueur des X Games, des Gravity Games, du tournoi ASA… Taïg Khris est l’athlète le plus titré de l’histoire des sports extrêmes !

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Les vidéos de ses exploits ne se comptent plus sur la toile. Mais après maintes et maintes blessures et opérations, ses sponsors décident de « l’abandonner ». Il se retrouve seul, sur un lit d’hôpital, sans diplôme.

Une carrière captivante grâce à une éducation de tous les possibles

Taïg Khris n’a jamais été à l’école de sa vie. Pas un seul jour. Ses parents lui ont néanmoins enseigné un trésor : « Fais les choses par passion avec ton coeur, et si tu les fais à fond, tout est possible ! ». Taïg Khris s’est donc spécialisé tout au long de sa vie, selon ses besoins et surtout ses envies. Piano, dessin, roller… il a même été professionnel de magie ! Ses parents n’ont eu de cesse de l’encourager dans ses passions.

Alors qu’il est encore sur son lit d’hôpital en 2006 après son accident de roller, il se relève et décide de se lancer dans une gamme de papeterie pour enfant. Il appelle alors Carrefour et obtient un rendez-vous dix jours plus tard. In extremis, il arrive à vendre ses créations. Il lui aura fallut 10 jours pour créer ses maquettes, s’auto-former sur Photoshop, trouver ses premiers fournisseurs et son acheteur. Il lui aura fallut 7 mois pour être distribué dans toute la France, et apprendre les métiers de graphiste, commercial, et chef d’entreprise !

Taïg Khris continue pourtant le roller, et a un nouveau projet : toucher le grand public, partager avec lui l’émotion que son sport éveille, pour vivre son sport sur le plus long terme. Après avoir essuyé de nombreux refus et suite à des années de travail acharné, le maire de Paris accepte qu’il saute de la tour Eiffel, soit un saut à roller de 12,5 mètres sur une rampe de 30 mètres de haut ! Le 29 mai 2010, Taïg Khris établit le record du monde de saut dans le vide en roller. La chaîne W9 fait son meilleur taux d’audience à cette heure de diffusion, soit plus d’1 million de téléspectateurs. C’est l’un des plus beaux moments de sa vie. Un rêve qu’il s’est permis parce que son éducation lui a appris que tout était possible !

Taïg Khris devient ensuite animateur TV pour plusieurs chaînes (CanalJ, W9, Extreme Sports Channel, RMC Découverte…), consultant dans les médias. Depuis 2014, il est le fondateur et le PDG de onoff Telecom, une nouvelle plateforme de services de communication. Il créé un monde où les numéros de téléphones peuvent devenir virtuels, et accessible instantanément. Cliquez ici pour découvrir l’appli smartphone !

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Une star qui allie efforts et plaisir

En 2003, Taïg Khris participe au jeu télévisé Fort Boyard. En 2010, il participe à l’émission de télé-réalité de Koh-Lanta, et il participera même au jeu télévisé Pekin Express et à Danse avec les Stars ! Des expériences grâce auxquelles il tirera de nouvelles leçons. Enfin, il a également écrit un livre, « Courber le destin », et s’engagera dans l’associatif à de nombreuses reprises.

Une éducation libre et encourageant l’enthousiasme et l’effort aura permis à Taïg Khris de dépasser les limites dans de nombreux domaines, et même taquiner le bon sens de certains. Un proverbe dit « les seules limites qui existent, ce sont celles que l’on s’impose », Taïg Khris en est l’exemple même. Il n’a jamais été limité par la peur, conditionné par un système nous rappelant que sans diplôme il est impossible de réussir, que sans argent il est impossible d’entreprendre, ou encore que sans chute on ne peut avancer et rebondir pour aller encore plus loin !

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