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Après les portraits d’Agatha Christie et de Taïg Khris, voici aujourd’hui l’histoire d’un autre artiste qui n’a jamais été à l’école. Il n’a d’ailleurs jamais été instruit. Mondialement connu, il était acteur, réalisateur, scénariste, producteur et compositeur britannique. Il fut l’idole du cinéma muet avec son personnage Charlot… vous l’avez reconnu, il s’agit de Charlie Chaplin.

Une mère fragile, trois frères, trois pères

Charles Spencer Chaplin est né à Londres le 16 avril 1889. Il a un grand (demi) frère, Sydney, né de père inconnu. Les deux parents de Charles sont artistes de music-hall. Ces derniers se séparent alors qu’il n’a pas 3 ans. Charles et Sydney restent d’abord auprès de leur mère Hannah dans le borough londonien de Kennington, malgré leurs grandes difficultés financières. Charlie est cependant accueilli dans une institution à 7 ans, et ce durant 18 mois. Cette période est très dure pour lui.

Malgré les efforts de sa mère pour les élever, sa santé mentale est si fragile qu’elle est internée deux mois à l’hôpital psychiatrique de Cane Hill. En effet, Hannah a développé une psychose apparemment provoquée par la malnutrition et la syphilis. Charlie et Sydney sont alors confiés à leur père, qu’ils ne connaissent pourtant pas. Devenu alcoolique, ce père inconnu chez qui ils restent seulement deux mois décède deux ans plus tard d’une cirrhose.

Charlie a également un petit frère qu’il ne connaîtra que bien plus tard, car le père de ce dernier, Leo Dryden chanteur de music-hall, décide de le retirer à sa mère alors qu’il n’a que six mois.

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Une prise d’autonomie trop jeune

L’état de leur mère s’améliore jusqu’en 1904, puis elle fait une rechute. Charles a alors 14 ans. Il l’accompagne alors au dispensaire qui la transfère à Cane Hill. Il se retrouve seul. Il attend d’abord le retour de son frère aîné dans la rue, ce dernier s’étant engagé dans l’armée deux ans plus tôt. Hannah sort huit mois plus tard, puis est de nouveau internée en 1905. Charlie vit ainsi, balloté entre chez lui, la rue, et les institutions.

Sa première scène est à 5 ans. Mais Charles débute sa carrière professionnelle un peu plus tard. Il joue pendant des années le petit groom Billy dans la pièce Sherlock Holmes, au coeur d’une troupe d’enfants danseurs de claquettes : les « huit gars du Lancashire ». Charles se fait remarquer lors d’une tournée dans un théâtre du West End à Londres. Autodidacte et créatif, Chaplin devient alors quelqu’un dans le métier, et de grands acteurs lui enseignent même l’art de la Comédie.

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Des claquettes à la Gloire !

Après les claquettes, Charlie se lance avec brio dans l’imitation de célèbres comiques avec la troupe « le Casey’s Circus ». Il est ensuite engagée à 19 ans dans la troupe de Fred Karno, à cette époque le plus grand imprésario britannique de spectacles de cabaret, et devient la star de l’équipe ! En 1913, lors d’une tournée dans les music-halls américains, il est remarqué par  Mack Sennett et engagé par la Keystone Comedy Company à Hollywood. Chaplin est à présent sous le feu des projecteurs pour des courts et moyens métrages.

C’est Charlie lui-même qui créé son propre personnage. Son costume et son maquillage vont contribuer à le rendre célèbre dans le monde entier. Aucun acteur n’aura jamais connu un tel enthousiasme et une telle affection de la part de son public en une année seulement. Charlie est embauché par la Keystone Company, puis la Essanay Film Manufacturing Co., puis la Mutual Film Company… Et son salaire n’en finit pas de croître.

Une quête d’une plus grande autonomie créative

Charlie recherche encore et toujours la même chose au fil de ses collaborations : une plus grande autonomie créative. A la fin de la première Guerre, en 1918, il créé son propre studio. Un an plus tard, il est co-fondateur, avec Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Griffith, de United Artists (les Artistes Associés), une maison de distribution indépendante.

Ses oeuvres, comme L’émigrant, Charlot soldat, The Kid ou La ruée vers l’or sont des chefs d’oeuvres. Il a du talent oui. Un talent immense empreint de créativité. Ses films innovent et bouleversent le monde. Dans ses films, le public découvre beaucoup d’émotions, et la satire sociale.

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Des films plus politisés

Malgré l’apparition du son dans les téléviseurs, Chaplin préfère réaliser de nouveaux films muets. La bande sonore ne sert qu’à accompagner musicalement ses chefs d’oeuvre. Le premier film contenant des dialogues est « Le dictateur » sorti en 1940, un film se moquant d’Hitler et de Mussolini. C’est également un tournant dans sa carrière, ses oeuvres devenant plus politiques. Ce film est d’ailleurs jugé trop radical pour la droite américaine, qui tente de lui mettre des bâtons dans les roues. Le FBI s’attaque même à lui, et orchestre contre lui un procès en reconnaissance de paternité, ainsi qu’une enquête médiatisée concernant ses soit-disant relations avec des femmes plus jeunes. Sa popularité ne décline pourtant pas auprès de son public.

En 1952, Chaplin part à Londres pour la représentation de son film « Les feux de la rampe ». Les Etats-Unis en profitent pour annuler son visa de retour, l’accusant de sympathies communistes. Chaplin décide de s’établir en Suisse, et réalise deux nouveaux films sans Charlot : « Un roi à New York » et « La Comtesse de Hong-Kong ». Il écrit également deux livres autobiographiques, « My Autobiography » et « My Life in Pictures ». Presque jusqu’à sa mort il ne cesse d’écrire des scénarios et de composer de nouvelles partitions musicales pour ses anciens films muets.

65 ans de carrière, plus de 80 films : en 1972, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui remet un Oscar d’honneur pour « sa contribution inestimable à l’industrie cinématographique ». Quelques unes de ses œuvres sont considérées comme faisant partie des plus grands films de tous les temps ! Charlie Chaplin, Charlot, l’une des premières figures du cinéma, rendra l’âme dans la nuit de Noël 1977 à Corsier-sur-Vevey.

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