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En Norvège, plus de 80% de la population est formée aux gestes de premiers secours, et plus de 90% de la population est capable de prodiguer ces mêmes gestes. L’immensité du territoire, la nature hostile et l’isolement des populations seraient les raisons qui ont motivé le gouvernement norvégien à initier ses citoyens depuis les années 60. Parmi les citoyens norvégiens, il y a ses enfants, eux aussi initiés dès 4-5 ans et formés dès 7 ans. A 8 ans, ils sauraient mettre un camarade en position latérale de sécurité…

L’enseignement dans les écoles norvégiennes

En 1961, la Norvège a mis en place un programme scolaire d’enseignement de la RCP (Réanimation Cardio-Pulmonaire) sur le plan national. Ainsi, dès l’âge de sept ans et jusqu’à 15 ans, les enfants sont sensibilisés aux gestes de premiers secours. Ce programme scolaire d’enseignement est obligatoire, progressif et modulaire. Il se divise en grades pour s’adapter aux différentes tranches d’âge, et au développement de l’enfant. Aucun enfant ne termine ses études sans maîtriser les bases de la réanimation cardio-pulmonaire et l’utilisation d’un défibrillateur.

Une étude a été menée en Norvège il y a plusieurs années, et a mis en avant l’efficacité de la formation aux premiers secours des très jeunes enfants entre 4 et 5 ans. Il s’agit d’une étude de l’Université de Bergen, parue en février 2011 dans le Journal scandinave du traumatisme, de la réanimation et de la médecine d’urgence. D’après cette étude, il serait tout à fait possible et même bénéfique d’inculquer des notions de premiers secours aux enfants dès quatre ans.

Dans le cadre de cette étude il y a 6 ans, une dizaine d’enfants entre 4 et 5 ans ont suivi six cours de 30 minutes. Durant ces cours, leur ont été rappelées les premiers gestes en cas de malaise d’un adulte ou d’un enfant : lui parler, le toucher pour éventuellement essayer de le réveiller, vérifier sa respiration, et appeler un numéro d’urgence. Le résultat aurait été positif, les enfants ayant été très réceptifs au discours de prévention. Ils auraient intégré aisément les bons réflexes, auraient aimé propager leurs nouvelles connaissances auprès de leur famille, et auraient même réutilisé leurs connaissances dans le cadre de leurs jeux.

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La Croix rouge norvégienne (Rode Kors) a même sa mascotte pour les enfants. Henry est un personnage décliné en différents supports : doudous, plaquettes de formation, livres, et même costume grandeur nature pour les animations.

La situation en France

En France, seules quelques écoles maternelles ont tenté l’expérience notamment en Loire-Atlantique et en Côte-d’Or. Les pédopsychiatres français émettent quelques réserves quant à ce genre de cours de sensibilisation à la prévention. Selon Jean-Paul Lechien (président de l’IPAD), c’est prendre le risque de culpabiliser les enfants en cas d’échec. Mais selon d’autres professionnels, cela dépendrait de la manière dont sont enseignés ces gestes simples.

Aujourd’hui en France, seuls 29 % des Français auraient suivi une formation reconnue de premiers secours, et seulement 17 % sauraient utiliser un défibrillateur. Le gouvernement tentent pourtant d’accroître ces statistiques, notamment à travers une loi votée en 2004, qui oblige tous les élèves en classe de troisième à passer le PCS1 (Prévention secours civiques de niveau 1). Malheureusement, très peu d’établissements assurent cet enseignement. Seuls 30 % des élèves seraient initiés.

Cet apprentissage soulève d’importants enjeux de santé publique. En 2013, la Croix Rouge française a affirmé que former 20% de citoyens français de plus aux gestes de premiers secours pourrait sauver 10 000 vies de plus chaque année. Depuis les dernières attaques terroristes en France, notamment celle qui a eu lieu au Bataclan le 13 novembre 2016, les demandes de formation aux gestes de premiers secours auraient augmenté de 40% d’après la Croix Rouge française.

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