Sélectionner une page

On le sait, la pollution intérieure est 9 à 10 fois pire que la pollution extérieure. Et comme l’être humain s’est sédentarisé dans les sociétés occidentales, et qu’il passe près de 90% de son temps dans des endroits clos, la question de la pollution intérieure est plus que jamais au centre des discussions.

Toutes ces pollutions de l’air seraient en partie responsables aujourd’hui des nouvelles maladies dites « maladies environnementales » comme les cancers, la stérilité, les malformations, les dégénérescences neurologiques… Il existe de nombreuses sources pour ces pollutions intérieures, comme les matériaux de maçonnerie, de mobiliers, de décoration, d’entretien. Nous nous concentrerons sur les désodorisants et les alternatives écologiques.

Les parfums d’ambiance et les désodorisants masquent les odeurs, mais ne les éliminent pas. Ils ne purifient pas l’air mais au contraire la chargent de substances chimiques.

Les solutions écologiques

Nous respirons en moyenne 20 000 litres d’air par jour, et nous sommes en contact avec 6 000 particules pouvant être contaminantes ou allergisantes à chaque inspiration. Il est important de ne pas vivre dans des lieux aseptisés à l’extrême bien sûr, et ce pour le bon fonctionnement de notre système immunitaire, mais quels sont les solutions équilibrés et efficaces ?

  • L’aération des pièces dix minutes par jour est ce qu’il y a de plus efficace et… de moins cher !
  • Les solutions à base d’huiles essentielles peuvent être une alternative à condition d’utiliser les bonnes. Attention aux femmes enceintes, allaitantes, aux enfants en bas âge et aux chats qui ne les supportent pas toutes, même via les diffuseurs.
  • Brûler des branches de thym ou de romarin, des feuilles de laurier ou de la sauge.
  • Chauffer des épices telles que les clous de girofle, les bâtons de cannelle, ou de la badiane, le fruit du badanier de Chine.
  • Les pommes d’ambre, oranges plantées de clous de girofle.
  • Une goutte d’huile essentielle dans le filtre de l’aspirateur.
  • Le désodorisant naturel du « Grand ménage de Raffa » à base d’eau, bicarbonate de soude, vinaigre blanc et huiles essentielles.
  • Les plantes dépolluantes, une plante pour 9m2 environ selon la taille de la plante.
  • Le papier d’Arménie…

Le papier d’Arménie

Le papier d’Arménie, à base de benjoin, est connu depuis le XIXème siècle pour purifier l’air. Il est fabriqué à Paris en 1885, dans un atelier à Montrouge par Auguste Ponsot. Il est à base de Styrax officinal exactement, la meilleure résine de benjoin, sécrétée par l’Aliboufier du Laos. La fabrication, toujours artisanale, du papier d’Arménie constitue un rituel. La résine est dissoute deux mois dans de l’alcool 90° dans un premier temps. Des extraits de parfum sont ensuite ajoutés, puis la solution vient imprégner un papier buvard, composé de fibres d’origine naturelle. Après le trempage, le séchages et autres étapes nécessitant la manipulation des feuilles une à une, ces dernières sont mises sous presse pendant un mois encore. Il faudra en tout six mois pour que les feuilles puissent être découpées, assemblées et conditionnées.

Le papier d’Arménie a commencé à se vendre dans la rue, et a trouvé de nombreux adeptes parmi lesquels les pharmaciens, qui conseillaient son utilisation lors des épidémies de grippes par exemple. C’est à Paris en 1900 lors d’une exposition universelle, que sa notoriété devint internationale.

Le baume de benjoin est utilisé depuis l’Antiquité pour ses propriétés antiseptiques, cicatrisantes et expectorantes. Il traitait entre autres symptômes l’asthme, la toux et les enrouements. Mais également pour la gestion des émotions ! Il est dit que le baume de benjoin éliminerait « toutes les émotions et pensées impures et grossières ».

A condition de ne pas respirer la fumée, le papier d’Arménie serait bénéfique pour nos intérieurs. Le papier brûlant très vite, il suffirait donc de sortir de la pièce quelques minutes.

Le papier d’Arménie a été «accusé» de toxicité à la suite d’un article publié dans le célèbre magazine de consommation Que Choisir. En effet, d’après une étude datant de 2008, le papier d’Arménie dégagerait du formaldéhyde et du benzène, deux composants qui seraient cancérigènes, mais aussi du styrène et du naphtalène. Il faut préciser que l’enquête en question conclut que le papier d’Arménie est le désodorisant d’intérieur présentant le taux le plus faible de substances toxiques parmi 72 autres produits testés.

La marque a également «fait appel à deux laboratoires d’analyses accrédités et reconnus ainsi qu’à des experts scientifiques de renommée en toxicologie et en qualité de l’air intérieur. Les analyses effectuées donnent des résultats satisfaisants pour la santé des consommateurs respectant nos conseils d’utilisation» (source: site officiel de la marque).

Pour conclure, une utilisation normale, soit un papier brûlé trois à quatre fois par semaine, en plus d’une bonne aération des pièces serait une pratique tout à fait acceptable pour nos intérieurs 🙂

Sources :

 

Si cet article vous a inspiré...

Vous aimez Elämä.fr ? N'en perdez plus une miette :)